Yann Texier Photographie

Bien que les cérémonies de mariage civiles soient relativement standardisées, vous pouvez tout de même demander au maire ou à son adjoint de prononcer un texte personnalisé au cours de la cérémonie.

Si vous ne souhaitez pas écrire vous-mêmes quelques mots et préférez vous en tenir à un texte déjà rédigé, voici quelques contes que vous pourrez inviter à votre mariage civil.

Le conte de l’amour et du temps

Il était une fois, une île où les différents sentiments vivaient : le Bonheur, la Tristesse, le Savoir, ainsi que tous les autres, l'Amour y compris.

Un jour on annonça aux sentiments que l'île allait couler. Ils préparèrent donc tous leurs bateaux et partirent. Seul l'Amour resta. L'Amour voulait rester jusqu'au dernier moment. Quand l'île fut sur le point de sombrer, l'Amour décida d'appeler à l'aide.

La Richesse passait à côté de l'Amour dans un luxueux bateau. L'Amour lui dit : "Richesse, peux-tu m'emmener?" "Non, car il y a beaucoup d'argent et d'or sur mon bateau. Je n'ai pas de place pour toi."

L'Amour décida alors de demander à l'Orgueil qui passait aussi dans un magnifique vaisseau : "Orgueil, aide moi je t'en prie !" "Je ne puis t'aider, Amour. Tu es tout mouillé et tu pourrais endommager mon bateau."

La Tristesse étant à côté, l'Amour lui demanda : "Tristesse, laisse moi venir avec toi." "Oh... Amour, je suis tellement triste que j'ai besoin d'être seule !"

Le Bonheur passa aussi à côté de l'Amour mais il était si heureux qu'il n'entendit même pas l'Amour l'appeler !

Soudain, une voix dit, "Viens Amour, je te prends avec moi." C'était un vieillard qui avait parlé. L'Amour se sentit si reconnaissant et plein de joie qu'il en oublia de demander son nom au vieillard. Lorsqu'ils arrivèrent sur la terre ferme, le vieillard s'en alla. L'Amour réalisa combien il lui devait et demanda au Savoir "Qui m'a aidé?" "C'était le Temps" répondit le Savoir. "Le Temps?" s'interrogea l'Amour. "Mais pourquoi le Temps m'a-t-il aidé?" Le Savoir sourit plein de sagesse et répondit : "C'est parce que seul le Temps est capable de comprendre combien l'Amour est important dans la vie."

Invitation chez la Folie

La Folie décida d'inviter ses amis pour prendre un café chez elle. Tous les invités y allèrent. Après le café la Folie proposa :

- On joue à cache-cache ?
- Cache-cache? C'est quoi, ça? demanda la Curiosité.
- Cache-cache est un jeu. Je compte jusqu'à cent et vous vous cachez. Quand j'ai fini de compter, je cherche, et le premier que je trouve sera le prochain à compter. Tous acceptèrent, sauf la Peur et la Paresse.

- 1, 2, 3… La Folie commença à compter.

L'Empressement se cacha le premier, n'importe où.
La Timidité, timide comme toujours, se cacha dans une touffe d'arbre.
La Joie courut au milieu du jardin.
La Tristesse commença à pleurer, car elle ne trouvait pas d'endroit approprié pour se cacher.
L'Envie accompagna le Triomphe et se cacha près de lui derrière un rocher.
La Folie continuait de compter tandis que ses amis se cachaient.
Le Désespoir était désespéré en voyant que la Folie était déjà à 99.
Cent ! cria la Folie. Je vais commencer à chercher...

La première à être trouvée fut la Curiosité, car elle n'avait pu s'empêcher de sortir de sa cachette pour voir qui serait le premier découvert.
En regardant sur le côté, la Folie vit le Doute au-dessus d'une clôture ne sachant pas de quel côté il serait mieux caché.
Et ainsi de suite, elle découvrit la Joie, la Tristesse, la Timidité...
Quand ils étaient tous réunis, la Curiosité demanda: - Où est l'Amour ? Personne ne l'avait vu.

La Folie commença à le chercher. Elle chercha au-dessus d'une montagne, dans les rivières au pied des rochers. Mais elle ne trouvait pas l'Amour.
Cherchant de tous côtés, la Folie vit un rosier, prit un bout de bois et commença à chercher parmi les branches, lorsque soudain elle entendit un cri: C'était l'Amour, qui criait parce qu'une épine lui avait crevé un oeil.
La Folie ne savait pas quoi faire.
Elle s'excusa, implora l'Amour pour avoir son pardon et alla jusqu'à lui promettre de le suivre pour toujours.
L'Amour accepta les excuses.

Aujourd’hui, l’Amour est aveugle et la Folie l’accompagne toujours.

Emmanuel Carat

Conte africain - Extrait du livre de Pierre Pradervand

«[…], si nous n’émettons que de bonnes pensées, aucun mal, aucune malédiction ne pourront jamais nous atteindre dans notre être.
C’est pourquoi il faut toujours bénir ses amis et ses ennemis.
Non seulement la bénédiction va vers son objectif pour y accomplir sa mission d’apaisement mais encore elle revient vers nous, un jour ou l’autre, avec tout le bien dont elle était chargée ».

C’est pour cela qu’aimer inconditionnellement est l’activité la plus importante dans tout l’univers, la plus apte à produire le bonheur le plus profond !
Si le fond de notre être est amour, alors aimer est simplement l’expression la plus authentique, la plus naturelle de notre identité profonde.
Et ce faisant, nous découvrons que c’est aussi un merveilleux chemin vers le bonheur, la santé et la plénitude totale.

Benoît Hogedé

Le bon choix

Le roi d’un petit royaume pacifique décida qu’il était temps pour lui de se marier. Son choix s’arrêta bientôt sur quatre princesses, toutes aussi belles et renommées les unes que les autres.

Le roi, voulant être sûr de ne pas se tromper, résolut alors de les mettre secrètement à l’épreuve. Il convoqua les quatre jeunes femmes pour leur annoncer son départ :

— Nobles princesses, leur dit-il en s’inclinant devant elles, je pars ce soir pour un court voyage. Je vous promets qu’à mon retour je désignerai celle d’entre vous qui deviendra mon épouse et régnera ainsi à mes côtés.

Quelques jours plus tard, un émissaire du roi se présenta devant chaque princesse :

— Sa majesté m’envoie vous prévenir de son retour imminent. Mais il désire vous apporter à chacune un cadeau. Choisissez tout ce qui vous ferait plaisir.

La première princesse demanda des robes de soie, des étoles de fourrure et des bijoux précieux. Ainsi, pensa-t-elle, je serai la plus élégante.
La seconde princesse voulut des tapisseries délicates, de grands tapis moelleux et des coussins brodés. Ainsi, se dit-elle, mes appartements seront les plus luxueux.
La troisième princesse souhaita de la vaisselle d’or et d’argent et, pour confectionner les mets les plus fins, elle demanda que l’on engage à son service un célèbre cuisinier. Ainsi, se dit-elle, ma table sera la plus réputée.

La quatrième princesse resta un moment pensive :

— Je voudrais, dit-elle enfin, que le roi revienne au plus vite car je me languis de sa présence et ne souhaite rien d’autre que d’être près de lui.

La jeune femme était profondément amoureuse du roi. À son retour, le monarque fit venir les quatre princesses. Les ayant saluées, il s’adressa à la première jeune fille :

— Voici pour vous, belle princesse, des robes et des bijoux précieux.

Il fit un signe à un page qui chargea de soies et de joyaux scintillants les bras de la demoiselle. La princesse ravie fit une profonde révérence.
Le roi se tourna vers la deuxième jeune fille :

— Et pour vous, noble princesse, des coffres sculptés, des tapis de fourrure et des coussins brodés.

Deux pages entassèrent devant la jeune femme les meubles précieux. La princesse satisfaite s’inclina à son tour.

Puis le roi s’adressa à la troisième jeune fille :

— Je vous ai apporté, princesse, de la vaisselle d’or ciselé, et j’ai engagé pour vous servir ce maître cuisinier et ce maître pâtissier.

La jeune femme, toute heureuse, remercia le roi tandis que les pages disposaient la vaisselle étincelante à ses pieds.
Le roi s’avança alors vers la quatrième jeune fille :

— Et vous, ma douce princesse, lui dit-il, je vous offre mon cœur et ma couronne afin que vous deveniez ma femme et que je sois près de vous comme vous l’avez désiré.
La jeune femme, rougissante de plaisir, sortit au bras du souverain.

Les trois autres princesses se regardèrent consternées. Le conseiller du roi, qui avait assisté à la scène, leur dit alors :

— Nobles princesses, vous étiez libres de choisir. Ne soyez donc pas déçues, puisque vous avez reçu ce que vous avez demandé. Seule la future reine a fait preuve de discernement. En ne désirant rien d’autre que l’amour du roi, elle a obtenu tout le reste. Elle sera parée de robes somptueuses et de bijoux merveilleux. Elle habitera dans les appartements les plus luxueux, et elle ne goûtera que des mets exquis puisqu’elle sera assise à la table du roi. Quant à vous, nobles princesses, malgré tous vos beaux cadeaux, il vous manquera toujours l’essentiel…

Yann Texier Photographie

Extrait 1 du conte des Milles et une nuits

Mon seul désir c’est ma bien-aimée, dont la beauté efface l’éclat de la lune. La salive de sa bouche est plus douce que le vin, et l’ampleur de ses hanches loue leur créateur.

Mon cœur est consumé par la flamme de l’amour qu’elle m’a inspiré, et mes larmes coulent de mes yeux comme des gouttes d’onyx.

Extrait 2 du conte des Milles et une nuits

Par les arcs voûtés qui gardent ses yeux, et par ses yeux qui dardent les traits enchanteurs de ses œillades ;

Par sa forme délicate et par le tranchant cimeterre de ses regards ; par l’éclatante majesté de son maintien, et par la couleur de sa noire chevelure ;

Par ses yeux languissants qui ravissent le sommeil, et donnent des lois dans l’empire de l’amour ;

Par les boucles de ses cheveux noirs comme des scorpions, qui lancent dans les cœurs les traits du désespoir ;

Par les roses et les lis qui fleurissent sur ses joues : par les rubis de ses lèvres où brille le sourire, et ses dents de perles éblouissantes ;

Par la suave odeur de ses cheveux parfumés de musc, et par les fleuves de vin et de miel qui coulent de sa bouche lorsqu’il parle ;

Par les grâces qui accompagnent ses pas, et par l’élégance de sa taille ;

Par l’affabilité de ses manières, la vérité de ses paroles, la noblesse de sa naissance et la grandeur de sa fortune ;

Par tous ces rares dons, je jure que l’odeur du musc est moins douce que celle des boucles de sa chevelure, et que je zéphyr dérobe son parfum à ses cheveux !

Je jure que le soleil, dans son midi, est moins resplendissant que ses joues ; que la nouvelle lune est moins belle que son front !